Témoignages

Ces témoignages confirment que ces enfants vivent des situations très difficiles. Les kits scolaires offerts par vos dons leurs permettent d’aller à l’école, de recevoir une éducation et surtout un soutien psychologique pour les aider à surmonter ces épreuves.


Juri, 12 ans, réfugiée syrienne au Kurdistan

« Je viens de Qamishli. Je suis arrivée au Kurdistan irakien il y a deux ans. Nous sommes restés deux semaines dans un camp à côté de Dohuk. Quand j’ai vu cet endroit, je me suis tout de suite dit : « je ne veux pas rester ici ». Je n’aime pas les camps car on dit que les garçons courent beaucoup après les filles là-bas.
Nous sommes partis de Syrie parce qu'il n'y avait plus de nourriture, plus de travail. Mon père passait des heures devant la boulangerie. Quand je repense à ma vie là-bas, mes proches me manquent. Ma famille, mes amis, mon école. J'aime bien le Kurdistan mais je préfère la Syrie.»


Adbelrraman, 13 ans, déplacé irakien au Kurdistan

« Je viens de Sinjar mais je ne suis pas Yézidi. Nous sommes partis au début de la crise. Nous avons beaucoup marché, pour fuir Daech, je me souviens de la fatigue... Nous étions entre les lignes des peshmergas et de Daech. Avec d'autres enfants et des femmes enceintes. Une voiture des peshmergas est venue nous chercher et nous a emmenés jusqu'à un checkpoint. Entre le Kurdistan et ma ville, Sinjar, je préfère Sinjar ! Ma famille avait une maison, il y avait des fêtes, c’était joyeux. Tous mes amis viennent de Sinjar et maintenant nous sommes tous éparpillés. J’allais à l'école, j’étais heureux mais tout ça c'est tellement loin maintenant. Je n’oublierai jamais ce qu'il s'est passé. Quand je repense à tout ça, je ne me souviens que des morts, des gens qui se font tuer. Et ce sont de mauvais souvenirs. Tout ce que je demande c’est de retourner à Sinjar avec mes anciens amis. Dans ma famille, nous avons tous un peu changé. On pense tous à ce qu'on a quitté. Avec les autres enfants de Sinjar, on se raconte comment on a fui devant Daech. Je ne l’ai pas vu de mes yeux mais on m'a raconté qu'ils ont regroupé des gens dans la mosquée et qu’ils ont tué l'un d'entre eux. C'était un des proches de ma famille. Moi je veux juste retourner à Sinjar. »


Mohamed, 13 ans, réfugié syrien au Kurdistan


« Je suis de Qamishli en Syrie. Avec les autres enfants, ici, nous parlons de nos amis restés en Syrie. Le Kurdistan, ce n'est pas chez moi. Nous ne nous sentons pas chez nous, même si notre situation n'est pas mauvaise. Je suis arrivé en 2013 avec mon frère et ma grand-mère. Mon père est mort. Ma mère et ma sœur sont toujours là-bas, à Damas. Je vis ici avec l'un de mes oncles. Je n'ai pas vu ma mère depuis deux ans, je ne sais pas quand je la reverrai. Quand nous avons dû partir, j'étais en colère, je ne voulais pas laisser ma mère. Je suis toujours en colère mais plus comme avant. Parce que ma mère et ma sœur me manquent. Je ne resterai pas ici au Kurdistan plus tard. Je regarde souvent les nouvelles pour savoir ce qu'il se passe en Syrie. Je veux retourner là-bas pour revoir ma mère. »



Les objectifs du programme

La détérioration de la situation sécuritaire en Syrie depuis mars 2011 puis au Kurdistan irakien durant le premier semestre 2014 - avec la prise de contrôle de larges zones du territoire irakien par l’Etat Islamique, ont provoqué des déplacements massifs de populations aboutissant à une crise humanitaire extrêmement complexe. La région autonome du Kurdistan irakien, particulièrement affectée, compte aujourd’hui plus de 1 million de personnes déplacées auxquels s’ajoutent près de 250,000 réfugiés syriens.

L’accès à l’éducation des enfants syriens est très difficile dans le contexte actuel. Le programme mis en place par Triangle G H a pour objectif d’offrir un accès à l’éducation primaire et un soutien psychologique à 250 enfants déscolarisés ayant trouvé refuge dans la ville de Daratoo. Le centre accueil des enfants de 6 à 11 ans pour leur proposer 6 jours par semaine des activités scolaires (cours d’arabe, de Kurde, d’anglais, de mathématique et de science), des activités sportives et récréatives ainsi qu’un soutien psychologique pour ces enfants traumatisés par leur histoire récente.

Au-delà de son action éducative, ce projet vise à protéger les enfants en leur offrant un espace de socialisation ou ils puissent apprendre, s’épanouir et sortir d’un milieu familial souvent anxiogène lié aux conditions de vie difficiles et incertaines des populations déplacées et refugiées.

A Daratoo petite ville située en périphérie d’Erbil, la plupart des enfants syriens réfugiés et déplacés irakiens ne vont pas à l’école faute d’espace, d’un enseignement approprié et de moyens financiers. L’achat des fournitures scolaires, l’uniforme scolaire et le transport en bus restent à la charge des familles.

Les dons recueillis permettront de fournir des kits scolaires pour redonner à chaque enfant déscolarisé son droit à l’éducation.

Une partie des fonds nécessaires à la réalisation de ce programme ont été octroyés par l'intermédiaire de la direction générale de l'aide humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne (ECHO) grâce au financement provenant de l'argent du prix Nobel de la paix attribué à l'Union européenne en 2012 - Initiative européenne « Les enfants de la paix ».

L'ONG en détail

Née en 1994 d'une volonté de développer une expertise transversale et pérenne, Triangle G H élabore et met en œuvre, des programmes d’urgence, de réhabilitation et de développement. Ses interventions se caractérisent par une approche globale de l’aide humanitaire intégrant des actions dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et assainissement, du génie civil, de la sécurité alimentaire et du développement rural, du socio-éducatif et du psychosocial.

L’association est moteur de projets qu’elle élabore avec des partenaires nationaux et internationaux en mobilisant les ressources et les compétences locales. Cette approche vise à répondre au plus près des besoins exprimés par les populations bénéficiaires en apportant des solutions globales et durables qui tendent vers l’autonomie des groupes de personnes aidés.

En 2015, ses équipes engagées sont présentes dans 10 pays et territoires (Algérie, Birmanie, République Centrafricaine, République du Congo, Corée du Nord, Kurdistan irakien, Laos, Philippines, Timor Leste et Soudan) et gèrent 43 programmes.
Crédits photos : Fabrice Pedrono